Comment le Kanban pourrait aider mon chocolatier ? (suite)

 

Si vous avez râté la première partie, ça se passe ici : comment le Kanban pourrait aider mon chocolatier ? 

Revenons à notre chocolatier pour développer maintenant les solutions qu’apporte le Kanban dans la gestion de ces bouchons. Je vous propose trois pratiques émergentes qui peuvent faire la différence dans un contexte tendu comme celui de notre chocolatier.

Le travail en équipe

travail en equipe

La somme des individus qui travaillent ne suffit pas à former une équipe. Cela parait trivial mais c’est la première chose qui saute aux yeux lorsqu’on est servi en temps que client : ai-je affaire à une équipe ou à plusieurs vendeurs ?

Le taylorisme segmentait les tâches des ouvriers et limitait les interactions, le Kanban introduit la notion de collaboration. Plusieurs outils sont à la disposition de l’équipe pour faciliter cette collaboration : le point du matin (daily meeting), les points d’amélioration continue, et ne pas oublier les repas d’équipe !

Cela fonctionne dans tout contexte et c’est extrêmement puissant. Ces rituels sont souvent cités comme la base des méthodes Agiles mais pourtant ils sont loin d’être utilisés par toutes les structures dites « Agiles ». J’aime parler de rituels car tous ces points sont très cadrés : ce n’est pas le café du commerce. Le temps de parole est équitable, les règles sont connues de tous, et il doit toujours ressortir des actions concrètes applicables immédiatement.

Enfin, attention à ne pas mélanger communication et collaboration. Nous communiquons énormément dans une journée de travail, nous collaborons beaucoup moins…

Visualisation des éléments de travail 

visualisation

Sans visualisation, il est très difficile de se représenter la masse de travail à accomplir. En effet, lorsqu’on interroge une équipe sur ses prochaines actions et le temps de réalisation, il est rare d’obtenir une réponse. Et bien souvent, lorsqu’on en obtient une, c’est le résultat d’un lancé de dé par le nouveau stagiaire 😉

Qu’il s’agisse d’informatique, de cuisine, ou de transport logistique, le difficulté est toujours de gérer des flux de demandes : soit pour créer/apporter quelque chose de nouveau, soit pour corriger une situation qui ne va pas.

Pour le chef cuisinier, ses flux de demande sont : la création de plats, de desserts, et des corrections (plat trop salé, trop cuit, pas assez chaud).

Pour l’informaticien, les flux de demande sont le développement d’une fonctionnalités et la correction de bugs.

La mise en place d’un tableau est indispensable pour que l’équipe apprécie si elle est en mesure ou non de faire face à la demande des clients. En un coup d’oeil, il va permettre de visualiser le travail pour ensuite le prioriser et enfin le répartir.

Limitation du travail en cours 

limitation

Revenons à notre chocolatier. En régime nominal, le magasin est capable d’accueillir 5 clients en parallèle. Que dit le Kanban lorsque cette limite est dépassée ?

La réponse est simple : il ne sert à rien de laisser entrer 10 personnes dans le magasin si l’équipe ne peut traiter que 5 clients en parallèle. 

Pourtant, vous allez me dire qu’il est inacceptable de ne pas traiter un client. Vous avez raison, mais il est tout aussi inacceptable de mal le traiter en le faisant attendre plus de 30 minutes ou en dégradant l’offre de service.

Concrètement, lorsque la limite de travail en cours est dépassée, il ne faut plus accepter de travail supplémentaire et réfléchir à une gestion de la temporisation. Par exemple, pour ce magasin, pourquoi ne pas mettre en attente les clients en leur faisant goûter un échantillon.

Limiter le travail en cours, c’est maîtriser la vélocité de l’équipe (capacité de réalisation à un instant t) et par conséquent fluidifier la chaîne qui délivre la valeur aux clients.

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